samedi 4 mai 2019

Le Comté




Voici les infos communiquées par Jean-Eudes (et retranscrites par François) au Comté :

Le Comté fût construit, style Louis XIII, en 1714 par la famille de Montmorency.
Il reste de part et d'autre de la façade côté Place Nationale le 7 et le 1 de 1714. Les 2 autres chiffres existaient encore avant la seconde guerre.
Les Montmorency font capter la source Bezy à Ferrières-en-Bray aux confins entre l'Oise et de la Seine Maritime.
Ils alimentent ainsi la fontaine sur la Place Nationale (visible depuis le Comté et une pièce d'eau dans le jardin du bas, anciens fossés des remparts de Gournay.
A la révolution Le Comté est utilisé par le conseil Municipal.
Pendant la Terreur, le conseil Municipal s'y réunit et condamne un "spéculateur" chez qui avait été retrouvé des sacs de blés.
La Guillotine est amenée de Rouen, dressée sur la Place Nationale, le condamné guillotiné et la guillotine renvoyée à Rouen.
Après quelques années, Le Comté est revendu en tant que Bien National.
Fin 19ème le Comté est revendu à un jeune bourgeois (Boutigny ?)  qui mène grand train. Il se fait précédé par un sonneur à cheval pour écarter les passants lorsqu'il se promène en calèche dans les environs.
Ruiné, il revend Le Comté en 1895 à Adolphe Legrand.
Son père Zacharie Legrand est le descendant d'une lignée de vignerons et tonneliers de Liversines dans l'Oise.
Ses 2 fils Adolphe et Albert sont commis épiciers à Paris.
Il installe Albert à Rouen et Adolphe prend l'épicerie de Gournay à proximité de la Collégiale St Hildevert.
Adolphe s'est mariée à Julie Laire. Ils ont un enfant Jules Legrand.
Adolphe puis Jules développent l'épicerie. Ils deviennent grossistes, alimentent toutes les épiceries de la région depuis les entrepôts situés rue du Croquet du Bosc.
Au début du 20ème la municipalité récupère le captage pour alimenter en eau Gournay. Adolphe s'y oppose sans succès.
La pièce d'eau n'est alors plus alimentée.
Les Legrand ont au début du 20ème des camions de marque Saurer (suisse)
Leur devise : "A entreprise moderne, moyens modernes"
Les camions et les chevaux sont réquisitionnés en 14.
Jules Legrand se marie avec Irma Delahaye fille de Auguste Delahaye (boucher) et Isaline Blacet (bouchère).
Le frère d'Irma, Paul Delahaye (boucher), se marie avec Marthe Legrand, cousine de son mari Jules Legrand.
Heureusement les chevaux du cirque Pinder de passage à Gournay ne sont pas réquisitionnés car le cirque est anglais.
Les chevaux du cirque sont attelés et assurent la distribution des épiceries.
Adolphe était "président de tout" à Gournay ( mais avait refusé d'être maire.
En 1915, Adolphe se lève dans la nuit pour se rendre aux seules toilettes du Comté qui étaient et sont toujours dans la remise devant la cuisine, et meurt dans le jardin devant la fenêtre du salon. Il est découvert au matin par la "bonne". C'est mardi, jour du marché, tout Gournay est amassé devant la grille à l'annonce du décès. Et dans la journée, sa femme Julie décède de chagrin au Comté.
Les successions sont suspendues en attendant la fin de la guerre.
Jules Legrand habite avec sa femme Irma Delahaye rue du Croquet du Bosc avec leurs enfants André et Madeleine.
Le 1er novembre 1917 Jules Legrand est atteint d'une paralysie progressive (probablement un Syndrôme de Guillain Barré) et décède le 21 novembre.
Après la guerre Irma, riche héritière des Legrand, fait d’importants travaux de rénovation du Comté par un architecte qui remanie considérablement l'habitation.
L'aile Sud-Est est construite. La cuisine est transférée de la cave au rdc.
Les fenêtres du RDC sont agrandies, l'escalier qui était au milieu de l'entrée est supprimé et remplacé par l'escalier actuel. Les salles de bains et wc intérieurs sont créés.
Irma s'installe alors au Comté avec sa fille Madeleine. André reste rue du Croquet du Bosc.
En 23 Madeleine se marie avec Robert Gavrel. Ils habitent 2 ans au Comté avec Irma, où ils ont leurs 2 premiers enfants Françoise (95 ans maintenant) et Jean (récemment décédé), avant déménagé à Ferrières où Robert reprend la Cidrerie Leroy Moulin qui devient la Cidrerie Gavrel qui produit le cidre du Conquérant.
Irma reste au Comté avec sa domestique Madame Bailly.
En juin 1940, Gournay est bombardé par l'aviation allemande et le centre ville en flamme est détruit.
Le Comté un peu en retrait du centre est épargné.
L'armée allemande réquisitionne Le Comté pour y héberger les officiers.
Irma conserve le RDC.
Robert Gavrel, maire de Ferrières en Bray, suite à un différent avec l'armée d'occupation, rencontre le colonel. Robert, combattant en 1918 exprime son désaccord avec la conduite des allemands. Le colonel avait combattu au même endroit et au même moment lors de la première guerre, et les "retrouvailles" facilitent les relations. Le colonel lui dit combien il est dommage qu'ils ne puissent se réconcilier et bien s'entendre. Robert lui répond que la réconciliation n'est pas envisageable aussi longtemps que vous occuperez notre maison avec un revolver à la ceinture. Le colonel lui répondit qu'il appréciait sa sincérité.
Irma raconte que le Colonel avait accueilli une femme. Irma s'en était plainte auprès de lui. Elle avise le portrait d'une femme dans sa chambre. Le colonel avoue que c'est sa femme et Irma lui reproche sa conduite et le colonel lève les bras au ciel et lui répond: "Ah Madame, c'est la guerre !".
Au décès d'Irma en 1968, Robert Madeleine viennent habiter au Comté où Robert décèdera à près de 90 ans le 7 mai 1988.
Madeleine y restera une dizaine d'année avant d'aller en maison de retraite à Bonsecours où elle décède à plus de 102 ans en 2003.

1 commentaire:

Juju a dit…

Génial !! Merci Max pour cette vidéo fantastique ! et bravo aux historiens !