dimanche 9 mai 2010
samedi 8 mai 2010
Discours de Valérie
GMD
Mes chers enfants, mes chers petits-enfants, ma chère petite Gabrielle, mes chers frères et sœurs,
Vraiment je voudrais vous remercier très très affectueusement pour la merveilleuse journée d’anniversaire que vous m’avez fait passer … que de joies partagées !!!
Il faut dire que cela fait plusieurs mois, à vrai dire plusieurs années, que j’avais commencé à préparer cette journée … quatre-vingts ans , c’est tout de même un grand évènement dans une vie ! souvenez-vous, d’abord le choix de la date, pas trop loin du jour J du 21 avril , pas trop près des concours mais tout de même pendant les vacances scolaires réunionnaises, au mieux à l’occasion d’un w-e prolongé mais lequel ? et puis, plutôt fêter la Victoire que le Travail car, soit dit entre nous, je l’ai déjà suffisamment fêté dans ma vie le travail, bref le 8 mai s’est vite imposé à moi comme la date idéale et, comme d’aucuns disent : « si vis pacem, para bellum », j’avais moi-même pensé : « si vis feriam, para bonum diem »
Ensuite le lieu : François me suggérait la Bretagne, Valérie aurait aimé une île grecque, Louis nous voyait bien tous à La Réunion, Nathalie sur la côte d’azur et Marie sur la côte amalfitaine … mais vous savez, je n’ai jamais vraiment eu la passion des voyages et puis faire la fête, c’est bien mais entamer le capital, c’est tout de même excessif. Je me suis dit : 80 ans : c’est le moment de remonter aux sources et nous voilà dans mon pays natal, ce cher pays de Bray
Restait la météo .. bien sûr toujours un peu aléatoire en Normandie mais du moins la catastrophe type tsunami ou tremblement de terre semblait peu probable ; j’avais donc scruté depuis quelques semaines les différentes chaînes météo : entre Nathalie Rihouet sur France 2 et Florence Klein sur France 3, les concordances ne sont pas parfaites et j’ai eu toutes les peines du monde à me faire une idée précise . Enfin, aux dernières nouvelles, tout portait à croire que le temps serait probablement incertain dans la matinée, avec d’éventuelles ondées passagères, les quelques nuages se dissipant dans l’après-midi laissant prévoir des risques d’éclaircies et peut-être même un franc soleil heureusement dans la soirée, soit un ciel parfaitement dégagé pour la nuit nous évitant donc tout risque de canicule. Au lever du jour, température suffisamment fraîche pour me dispenser de la piscine…
Tout s’annonçait donc au mieux et puis « alea jacta est » la météo, on n’y peut pas grand-chose et « quand on n’a pas ce qu’on aime, il faut aimer ce qu’on a », cette petite phrase m’a déjà bien servie
Ma journée a donc paefaitement commencé : après une nuit, comme à l’habitude, d’un sommeil de plomb, que dis-je ? du sommeil du juste, dès le lever, à 7h25, ma gymnastique et oui, à mon âge, il est essentiel de se maintenir en forme et je dois dire que, de ce côté là, je suis plutôt satisfaite, et tous les matins je pense à st Thomas d’Aquin qui me conseille de me délecter de l’excellence de mon être ; et oui, grâce à ce petit entraînement régulier, associé à un régime alimentaire tout aussi régulier et sans excès, je suis plutôt bon pied bon œil
C’est vrai que je me suis cassé le col du fémur cet hiver mais depuis le temps qu’on me l’avait prédit ! on ne pouvait pas faire mieux … oui, reconnaissez-le, je suis vraiment bien tombée ! et bien oui, j’aurais pu me casser les deux, et puis comme ça le 10 février, ça a été parfait pour être bien remise pour mon anniversaire et voir venir les beaux jours .Un grand prophète a dit : « prévoir rend le pas assuré », quelle perspicacité !
Donc vous voyez ,avec quelques mesures hygiénodiététiques toutes simples mais rigoureusement appliquées depuis plusieurs décennies, à 80 ans, je peux revendiquer « mens sana in corpore sano »
…mais revenons à cette belle journée : après la gymnastique, mon petit-déjeuner, du café grand-mère ( bon, il n’est pas excellent mais à 3 euros quatre vingt quinze les deux paquets chez carrefour market, il reste tout à fait convenable pour le petit-déjeuner et ça me permet de réserver le carte noire pour le midi ) ; avec le café, la dernière demi-baguette aux graines de M et Mme Dupart , que j’avais congelée pour le jour J, du fleurier doux riche en oméga 3 et une lichette de confiture allégée.. oh si vous saviez, j’avais allumé la télé sur la chaîne KTO et il y avait justement l’interview de Monseigneur Quatre vingts sur la vie éternelle … un jour pareil ! Il y croyait dur comme fer, moi j’avoue que, toute bonne catholique que je sois, mes convictions ne sont pas si établies sur le sujet , encore la vie éternelle mais sous quelle forme ? la résurrection de la chair, c’est un peu fort du café, c’est un peu comme quand on me dit « grand-Mère en maillot de bain ! »…ça risque d’ailleurs de faire le même effet… en pur esprit, ça m’irait aussi bien
bon, ma toilette, le chemisier rose pétale avec le tailleur en lin couleur chocolat à la violette, pas mes mes chaussures de curé pour plaire à mes filles, un petit coup de peigne ( ma coiffure, c’était quand même mieux du temps de geneviève…) un petit peu d’ordre dans mes affaires, surtout ne rien oublier, les cadeaux du rallye, les fleurs, ma chemise de nuit en pilou
et Nathalie est arrivée, bien à l’heure comme c’est gentil, ah c’est fou ce qu’elle ressemble de plus en plus à Malou et elle était toute chic comme d’habitude !
bon, le reste de la journée, vous l’avez vécu avec moi, le rallye, le dîner, les animations de la soirée .. tout fut très réussi
mais pour dire tout le fond de ma pensée, malgré toute l’excellence de ces journées, j’ai quand même eu quelques petits regrets
* Tous les absents bien sûr mais on en a déjà parlé
* Et puis quelque chose qui m’a turlupiné : je me demande si j’avais bien fermé la fenêtre de la cuisine ; ce n’était pas la peine de dépenser si cher pour un double vitrage ; ah ça m’ transformé la vie ce double vitrage, au moins 1,37 % d’économie d’énergie et un confort inestimable… je ne mets plus que trois pulls pour prendre mon petit-déjeuner ; le seul hic, c’est que ça me coupe la bande-son, je veux parler des bruits de la rue qui me faisaient un peu d’animation mais comme de toute façon je deviens sourde… bon cette fenêtre entrouverte, je me suis dit que finalement ce n’était pas si important par rapport à la vie éternelle … encore une petite phrase qui m’a bien servie
* En fait, ce que j’ai regretté le plus, c’est tout ce qu’on a oublié de dire : la grande maison de Ferrières avec l’odeur des pommes en décomposition, en tas adossés aux murs de briques rouges de l’usine ( entre nous, ça sentait meilleur que la morue de Palou et Malou ), l’odeur d’encaustique dans l’escalier qui montait à l’appartement situé au-dessus des bureaux de l’usine, le lino de l’escalier avec la petite frise grecque, la salle à manger avec son immense table et tous les repas de fête animés par les grosses voix de mes frères, des repas toujours immuables : les mêmes recettes à succès renouvelées chaque année : la reine de saba à la toussaint et la bûche au café à Noël, le riz rose à Pâques et le boudin à Noël… Gilberte et son rire inimitable bien que tous aient essayé, Madame Bailly, Blanche et son mari alcoolique, tout ce petit monde qui s’activait pour nous, les vacances à Hermanville avec tous les cousins, le collège saint-hildevert, la faim et les engelures pendant la guerre, et puis mon mariage avec Antoine, l’installation dans la petite maison de la rue Louis Blanc, l’arrivée des enfants, le déménagement dans la maison blanche de la rue marie talbot, Mademoiselle Cotterel qui repassait le linge et gardait les petits pendant la messe de minuit, Madame Susbielle qui n’avait été mariée qu’un mois avant le départ de son mari pour la guerre 14-18 et qui m’a secondé pour tapisser toutes les pièces de la maison, la joviale Ginette qui m’aidait de son mieux et constituait une barrière inébranlable aux larcins de chocolat du goûter de mes garnements, les dimanches à Gournay avec la traversée du village aux proverbes , la côte de darnétal que la voiture ascencionnait allègrement en 5 minutes mais je ne manquais pas de signaler que mes arrière-grands- parents se félicitaient quand ils avaient réussi à la graviter en moins d’une heure, et la traversée de la somptueuse forêt de Lyons, la plus belle hêtraie d’Europe, toujours flamboyante à la Toussaint, les dimanches à Fécamp aussi avec les inévitables et très enflammées discussions sur le vin et sur Pétain, les visites de Mamie et Grand-Père nous apportant des cageots de cidre et de jus de pomme et un magnifique cake, les dimanches soirs avec l’abbé lacroix, l’Oncle André et tous ses compliments, les vacances à Saint-Raphaël, en caravane, aux sports d’hiver, les parties de barbu, le Capes avec l’oral le 14 juillet, l’école Jeanne d’Arc que j’ai connue à 300 élèves et qui en comptait 1000 de plus quand je suis partie, la sœur Marie-Josèphe qui m’avait transmis le flambeau, mes points de croix, la Bretagne, la Baleine bleue, la famille qui s’agrandissait toujours, la maladie d’Antoine, sa disparition, ma nouvelle vie dans l’appartement de la maison des protestants, mes lectures qui m’ont transporté bien plus loin et haut que n’importe quel voyage, la bibliothêque diocésaine, les équipes notre-Dame , et toutes ces messes, tous ces cantiques resassés : les mains ouvertes devant toi, quittez vos basses eaux, tous ces concerts, toutes ces lessives, tous ces rangements …. Impossible de résumer 80 ans en cinq minutes mais tout de même, Maxence , c’était vraiment merveilleux tes films, et merci Louise pour ton logo GMD, vraiment très tendance, et merci les enfants pour votre chanson, et François pour ton laïus ça m’a bien plu aussi, et ton petit discours, Valérie, c’était pas mal bien qu’un peu trop long ( tu sais bien que je ne me couche après minuit que le 31 décembre … et encore à minuit et quart, je suis dans mon lit … ) et puis il faudra bien se réveiller demain si je ne veux pas rater la messe à Ferrières et le brunch… bon, tu m’as un peu égratignée mais ça ne m’étonne pas de toi, ç’aurait même pu être pire et puis, comme Antoine me le rappelait souvent « les chiens aboient, la caravane passe », c’est vrai qu’il n’avait pas tout à fait tort , je l’ai bien menée ma caravane…
* Dernier petit regret :j’ai la franchise de vous en parler : les cadeaux. C’est vrai que ce téléviseur écran plat Sony en 32 pouces, HDTV 1080 p, tunerTNT Haute Définition bien sûr avec trois entrées HDMI compatibles 24 p dont une latérale, me fait vraiment plaisir car c’est juste celui que je voulais encore que vous avez fait une folie car il me semble que deux entrées HDMI auraient pu me suffire … mais il n’y avait aucune raison pour me faire d’autres cadeaux ! vous savez bien que je n’ai besoin de rien … mais maintenant que je les ai, si ça ne vous ennuie pas, on pourrait peut-être changer le gilet vert d’eau, je pense que vert amande m’irait mieux …
Mais au fait, quelle heure est-il ? …. Déjà !
« Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : sois plus lente ; et l’aurore va dissiper la nuit.
Aimons-donc, aimons-donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive.
Il coule, et nous passons ! »
Oui, ça , ce n’est pas de la Denise mais de La-martine …
C’était juste pour vous annoncer mon dernier regret : vous vous rappelez : je l’avais proclamé haut et fort : je fête mes 80 ans, un sorte d’apothéose, et ensuite terminé ! je vends la Baleine, plus de Noël chez moi, je me demande même si je ne pars pas directo à la maison de retraite ( entre parenthèses, j’ai fait ma lettre de motivation pour la Visitation : Espoir du 4ème âge qu’ils disent … tu parles d’un espoir mais c’est très sympa l’ambiance et pas trop loin de st Vincent ) …
Mais voilà, toutes ces résolutions, c’était avant la fête
Et cette petite fête, ça m’a bien plu
Et maintenant que j’ai vraiment 80 ans, comme aurait dit ma chère Maman, ça commence !
Mais c’est Johnny qui aurait renchéri :
« Pour moi la vie va commencer
En revenant dans ce pays
Là où le soleil et le vent
Là où mes amis mes parents
Avaient gardé mon cœur d’enfant
Pour moi la vie va commencer
Et mon passé sort de l’oubli
Je peux voir descendre la nuit
Sans avoir peur d’être surpris
Pour moi la vie va commencer
Pour moi la vie va commencer
Et sous le ciel de ce pays
Sans jamais connaître l’ennui
Mes années passeront sans bruit
Entre le ciel et mes amis
Pour moi la vie va commencer
Pour moi la vie va commencer
Pour moi la vie va commencer … »
… Une nouvelle vie qui donne du temps au temps, où je ferai mienne la phrase d’Alphonse Allais : « ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain »
Alors voilà, je vous donne rendez-vous pour mes 90 ans pour une super fête, mais surtout pour mes 100 ans parce que là, ça va vraiment être top, dixit le comput, le 21 avril tombe le dimanche de Pâques !
Et cette fois, vous essaierez de ne pas oublier le cadeau dont je rêve depuis si longtemps : un maillot de bain bien sûr !
Mes chers enfants, mes chers petits-enfants, ma chère petite Gabrielle, mes chers frères et sœurs,
Vraiment je voudrais vous remercier très très affectueusement pour la merveilleuse journée d’anniversaire que vous m’avez fait passer … que de joies partagées !!!
Il faut dire que cela fait plusieurs mois, à vrai dire plusieurs années, que j’avais commencé à préparer cette journée … quatre-vingts ans , c’est tout de même un grand évènement dans une vie ! souvenez-vous, d’abord le choix de la date, pas trop loin du jour J du 21 avril , pas trop près des concours mais tout de même pendant les vacances scolaires réunionnaises, au mieux à l’occasion d’un w-e prolongé mais lequel ? et puis, plutôt fêter la Victoire que le Travail car, soit dit entre nous, je l’ai déjà suffisamment fêté dans ma vie le travail, bref le 8 mai s’est vite imposé à moi comme la date idéale et, comme d’aucuns disent : « si vis pacem, para bellum », j’avais moi-même pensé : « si vis feriam, para bonum diem »
Ensuite le lieu : François me suggérait la Bretagne, Valérie aurait aimé une île grecque, Louis nous voyait bien tous à La Réunion, Nathalie sur la côte d’azur et Marie sur la côte amalfitaine … mais vous savez, je n’ai jamais vraiment eu la passion des voyages et puis faire la fête, c’est bien mais entamer le capital, c’est tout de même excessif. Je me suis dit : 80 ans : c’est le moment de remonter aux sources et nous voilà dans mon pays natal, ce cher pays de Bray
Restait la météo .. bien sûr toujours un peu aléatoire en Normandie mais du moins la catastrophe type tsunami ou tremblement de terre semblait peu probable ; j’avais donc scruté depuis quelques semaines les différentes chaînes météo : entre Nathalie Rihouet sur France 2 et Florence Klein sur France 3, les concordances ne sont pas parfaites et j’ai eu toutes les peines du monde à me faire une idée précise . Enfin, aux dernières nouvelles, tout portait à croire que le temps serait probablement incertain dans la matinée, avec d’éventuelles ondées passagères, les quelques nuages se dissipant dans l’après-midi laissant prévoir des risques d’éclaircies et peut-être même un franc soleil heureusement dans la soirée, soit un ciel parfaitement dégagé pour la nuit nous évitant donc tout risque de canicule. Au lever du jour, température suffisamment fraîche pour me dispenser de la piscine…
Tout s’annonçait donc au mieux et puis « alea jacta est » la météo, on n’y peut pas grand-chose et « quand on n’a pas ce qu’on aime, il faut aimer ce qu’on a », cette petite phrase m’a déjà bien servie
Ma journée a donc paefaitement commencé : après une nuit, comme à l’habitude, d’un sommeil de plomb, que dis-je ? du sommeil du juste, dès le lever, à 7h25, ma gymnastique et oui, à mon âge, il est essentiel de se maintenir en forme et je dois dire que, de ce côté là, je suis plutôt satisfaite, et tous les matins je pense à st Thomas d’Aquin qui me conseille de me délecter de l’excellence de mon être ; et oui, grâce à ce petit entraînement régulier, associé à un régime alimentaire tout aussi régulier et sans excès, je suis plutôt bon pied bon œil
C’est vrai que je me suis cassé le col du fémur cet hiver mais depuis le temps qu’on me l’avait prédit ! on ne pouvait pas faire mieux … oui, reconnaissez-le, je suis vraiment bien tombée ! et bien oui, j’aurais pu me casser les deux, et puis comme ça le 10 février, ça a été parfait pour être bien remise pour mon anniversaire et voir venir les beaux jours .Un grand prophète a dit : « prévoir rend le pas assuré », quelle perspicacité !
Donc vous voyez ,avec quelques mesures hygiénodiététiques toutes simples mais rigoureusement appliquées depuis plusieurs décennies, à 80 ans, je peux revendiquer « mens sana in corpore sano »
…mais revenons à cette belle journée : après la gymnastique, mon petit-déjeuner, du café grand-mère ( bon, il n’est pas excellent mais à 3 euros quatre vingt quinze les deux paquets chez carrefour market, il reste tout à fait convenable pour le petit-déjeuner et ça me permet de réserver le carte noire pour le midi ) ; avec le café, la dernière demi-baguette aux graines de M et Mme Dupart , que j’avais congelée pour le jour J, du fleurier doux riche en oméga 3 et une lichette de confiture allégée.. oh si vous saviez, j’avais allumé la télé sur la chaîne KTO et il y avait justement l’interview de Monseigneur Quatre vingts sur la vie éternelle … un jour pareil ! Il y croyait dur comme fer, moi j’avoue que, toute bonne catholique que je sois, mes convictions ne sont pas si établies sur le sujet , encore la vie éternelle mais sous quelle forme ? la résurrection de la chair, c’est un peu fort du café, c’est un peu comme quand on me dit « grand-Mère en maillot de bain ! »…ça risque d’ailleurs de faire le même effet… en pur esprit, ça m’irait aussi bien
bon, ma toilette, le chemisier rose pétale avec le tailleur en lin couleur chocolat à la violette, pas mes mes chaussures de curé pour plaire à mes filles, un petit coup de peigne ( ma coiffure, c’était quand même mieux du temps de geneviève…) un petit peu d’ordre dans mes affaires, surtout ne rien oublier, les cadeaux du rallye, les fleurs, ma chemise de nuit en pilou
et Nathalie est arrivée, bien à l’heure comme c’est gentil, ah c’est fou ce qu’elle ressemble de plus en plus à Malou et elle était toute chic comme d’habitude !
bon, le reste de la journée, vous l’avez vécu avec moi, le rallye, le dîner, les animations de la soirée .. tout fut très réussi
mais pour dire tout le fond de ma pensée, malgré toute l’excellence de ces journées, j’ai quand même eu quelques petits regrets
* Tous les absents bien sûr mais on en a déjà parlé
* Et puis quelque chose qui m’a turlupiné : je me demande si j’avais bien fermé la fenêtre de la cuisine ; ce n’était pas la peine de dépenser si cher pour un double vitrage ; ah ça m’ transformé la vie ce double vitrage, au moins 1,37 % d’économie d’énergie et un confort inestimable… je ne mets plus que trois pulls pour prendre mon petit-déjeuner ; le seul hic, c’est que ça me coupe la bande-son, je veux parler des bruits de la rue qui me faisaient un peu d’animation mais comme de toute façon je deviens sourde… bon cette fenêtre entrouverte, je me suis dit que finalement ce n’était pas si important par rapport à la vie éternelle … encore une petite phrase qui m’a bien servie
* En fait, ce que j’ai regretté le plus, c’est tout ce qu’on a oublié de dire : la grande maison de Ferrières avec l’odeur des pommes en décomposition, en tas adossés aux murs de briques rouges de l’usine ( entre nous, ça sentait meilleur que la morue de Palou et Malou ), l’odeur d’encaustique dans l’escalier qui montait à l’appartement situé au-dessus des bureaux de l’usine, le lino de l’escalier avec la petite frise grecque, la salle à manger avec son immense table et tous les repas de fête animés par les grosses voix de mes frères, des repas toujours immuables : les mêmes recettes à succès renouvelées chaque année : la reine de saba à la toussaint et la bûche au café à Noël, le riz rose à Pâques et le boudin à Noël… Gilberte et son rire inimitable bien que tous aient essayé, Madame Bailly, Blanche et son mari alcoolique, tout ce petit monde qui s’activait pour nous, les vacances à Hermanville avec tous les cousins, le collège saint-hildevert, la faim et les engelures pendant la guerre, et puis mon mariage avec Antoine, l’installation dans la petite maison de la rue Louis Blanc, l’arrivée des enfants, le déménagement dans la maison blanche de la rue marie talbot, Mademoiselle Cotterel qui repassait le linge et gardait les petits pendant la messe de minuit, Madame Susbielle qui n’avait été mariée qu’un mois avant le départ de son mari pour la guerre 14-18 et qui m’a secondé pour tapisser toutes les pièces de la maison, la joviale Ginette qui m’aidait de son mieux et constituait une barrière inébranlable aux larcins de chocolat du goûter de mes garnements, les dimanches à Gournay avec la traversée du village aux proverbes , la côte de darnétal que la voiture ascencionnait allègrement en 5 minutes mais je ne manquais pas de signaler que mes arrière-grands- parents se félicitaient quand ils avaient réussi à la graviter en moins d’une heure, et la traversée de la somptueuse forêt de Lyons, la plus belle hêtraie d’Europe, toujours flamboyante à la Toussaint, les dimanches à Fécamp aussi avec les inévitables et très enflammées discussions sur le vin et sur Pétain, les visites de Mamie et Grand-Père nous apportant des cageots de cidre et de jus de pomme et un magnifique cake, les dimanches soirs avec l’abbé lacroix, l’Oncle André et tous ses compliments, les vacances à Saint-Raphaël, en caravane, aux sports d’hiver, les parties de barbu, le Capes avec l’oral le 14 juillet, l’école Jeanne d’Arc que j’ai connue à 300 élèves et qui en comptait 1000 de plus quand je suis partie, la sœur Marie-Josèphe qui m’avait transmis le flambeau, mes points de croix, la Bretagne, la Baleine bleue, la famille qui s’agrandissait toujours, la maladie d’Antoine, sa disparition, ma nouvelle vie dans l’appartement de la maison des protestants, mes lectures qui m’ont transporté bien plus loin et haut que n’importe quel voyage, la bibliothêque diocésaine, les équipes notre-Dame , et toutes ces messes, tous ces cantiques resassés : les mains ouvertes devant toi, quittez vos basses eaux, tous ces concerts, toutes ces lessives, tous ces rangements …. Impossible de résumer 80 ans en cinq minutes mais tout de même, Maxence , c’était vraiment merveilleux tes films, et merci Louise pour ton logo GMD, vraiment très tendance, et merci les enfants pour votre chanson, et François pour ton laïus ça m’a bien plu aussi, et ton petit discours, Valérie, c’était pas mal bien qu’un peu trop long ( tu sais bien que je ne me couche après minuit que le 31 décembre … et encore à minuit et quart, je suis dans mon lit … ) et puis il faudra bien se réveiller demain si je ne veux pas rater la messe à Ferrières et le brunch… bon, tu m’as un peu égratignée mais ça ne m’étonne pas de toi, ç’aurait même pu être pire et puis, comme Antoine me le rappelait souvent « les chiens aboient, la caravane passe », c’est vrai qu’il n’avait pas tout à fait tort , je l’ai bien menée ma caravane…
* Dernier petit regret :j’ai la franchise de vous en parler : les cadeaux. C’est vrai que ce téléviseur écran plat Sony en 32 pouces, HDTV 1080 p, tunerTNT Haute Définition bien sûr avec trois entrées HDMI compatibles 24 p dont une latérale, me fait vraiment plaisir car c’est juste celui que je voulais encore que vous avez fait une folie car il me semble que deux entrées HDMI auraient pu me suffire … mais il n’y avait aucune raison pour me faire d’autres cadeaux ! vous savez bien que je n’ai besoin de rien … mais maintenant que je les ai, si ça ne vous ennuie pas, on pourrait peut-être changer le gilet vert d’eau, je pense que vert amande m’irait mieux …
Mais au fait, quelle heure est-il ? …. Déjà !
« Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : sois plus lente ; et l’aurore va dissiper la nuit.
Aimons-donc, aimons-donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive.
Il coule, et nous passons ! »
Oui, ça , ce n’est pas de la Denise mais de La-martine …
C’était juste pour vous annoncer mon dernier regret : vous vous rappelez : je l’avais proclamé haut et fort : je fête mes 80 ans, un sorte d’apothéose, et ensuite terminé ! je vends la Baleine, plus de Noël chez moi, je me demande même si je ne pars pas directo à la maison de retraite ( entre parenthèses, j’ai fait ma lettre de motivation pour la Visitation : Espoir du 4ème âge qu’ils disent … tu parles d’un espoir mais c’est très sympa l’ambiance et pas trop loin de st Vincent ) …
Mais voilà, toutes ces résolutions, c’était avant la fête
Et cette petite fête, ça m’a bien plu
Et maintenant que j’ai vraiment 80 ans, comme aurait dit ma chère Maman, ça commence !
Mais c’est Johnny qui aurait renchéri :
« Pour moi la vie va commencer
En revenant dans ce pays
Là où le soleil et le vent
Là où mes amis mes parents
Avaient gardé mon cœur d’enfant
Pour moi la vie va commencer
Et mon passé sort de l’oubli
Je peux voir descendre la nuit
Sans avoir peur d’être surpris
Pour moi la vie va commencer
Pour moi la vie va commencer
Et sous le ciel de ce pays
Sans jamais connaître l’ennui
Mes années passeront sans bruit
Entre le ciel et mes amis
Pour moi la vie va commencer
Pour moi la vie va commencer
Pour moi la vie va commencer … »
… Une nouvelle vie qui donne du temps au temps, où je ferai mienne la phrase d’Alphonse Allais : « ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain »
Alors voilà, je vous donne rendez-vous pour mes 90 ans pour une super fête, mais surtout pour mes 100 ans parce que là, ça va vraiment être top, dixit le comput, le 21 avril tombe le dimanche de Pâques !
Et cette fois, vous essaierez de ne pas oublier le cadeau dont je rêve depuis si longtemps : un maillot de bain bien sûr !
Discours de François
Ma chère petite maman,
Nous connaissons tous le merveilleux conte de fée, Denise, la princesse championne de natation de 23 ans rencontre le bel Antoine lors d'un bal, et moins d'un an plus tard les fiançailles et le mariage sont bouclés!
9 mois après la nuit de noce, nait le premier enfant.
Les enfants s'enchainent à un rythme infernal.
Et les petits enfants pullulent rapidement sur ce modèle de famille nombreuse.
Les kouzins continuent sur la lancée et te voici très bien entourée pour fêter tes 80 ans.
Avec papa, selon la formule maintes fois répétée, votre mission sur terre était de nous transmettre des valeurs.
Alors revenons sur 4 de ces valeurs :
1ère valeur L'organisation
Mère moderne avant l'heure, nous nous sommes toujours demandés comment notre maman-shiva à deux bras arrivait à faire tout çà. Eh bien tu as un secret. Pour mener de front ta vie d'épouse, élever 5 enfants, préparer le diner de papa, renvoyer les bonnes sœurs de l'école Jeanne d'Arc qui formaient des bonnes, et construire un Lycée technique dernier cri, ce secret c'est… la liste, ce petit bout de papier raturé toujours avec toi, et nous espérons que tu continueras encore à la remplir et la raturer bien longtemps !
2de valeur le Goût de l'aventure
Nous savons tous que ton goût immodéré pour les loopings vient des combats aériens qui ont marqué ton enfance. Eh bien jeune maman tu nous emmenait à la plage par l'itinéraire fantastique du tunnel Jenner. Pas d'éclairage dans le tunnel, 300 morts lors du bombardement du Havre, pour nous un seul objectif, rejoindre la sortie au plus vite et tu y arrivais à chaque fois! A la plage on marchait forcément sur les nombreuses boulettes de goudron rejetées par les pétroliers qui nettoyaient leurs cuves dans la Manche. Mais tout se terminait dans la bonne humeur par une copieuse scéance de nettoyage à l'éther ou au chloroforme prélevé dans le stock du cabinet médical.
3ème valeur une tête bien faite
Un soir alors que papa boursicotait consciencieusement, quand on vous a demandé quel est le meilleur placement, l'or, le pétrole, vous nous avez répondu en chœur : une tête bien faite. Peu après c'était la première crise pétrolière et le message était passé!
4ème valeur Le calme
Bien sûr nous nous souvenons des colères explosives de papa:
Il criait plus fort que le capitaine Hadock, nous distribuait des fessées bien méritées à s'en faire mal aux mains, claquait les portes à en faire trembler toute la maison.
Toi, imperturbable, la tête à peine rentrée dans les épaules, tu attendais patiemment la fin de l'orage. Les chiens aboient, la caravane passe!
En 80 ans, jamais la moindre colère, le volcan doit bouillir en toi, l'éruption sera terrible !
Eh bien maman, nous te remercions de nous avoir donné la vie, de tes attentions, de ton exemple, de souder de notre famille, et toi qui a toujours vécu dans l'instant d'après, imaginant toutes les hypothèses, pensant en permanence à l'étape suivante, nous te souhaitons d'apprécier chaques instants de ce merveilleux week end qui nous rassemble autour de toi et maintenant de vivre le présent.
Merci maman et joyeux anniversaire !
Nous connaissons tous le merveilleux conte de fée, Denise, la princesse championne de natation de 23 ans rencontre le bel Antoine lors d'un bal, et moins d'un an plus tard les fiançailles et le mariage sont bouclés!
9 mois après la nuit de noce, nait le premier enfant.
Les enfants s'enchainent à un rythme infernal.
Et les petits enfants pullulent rapidement sur ce modèle de famille nombreuse.
Les kouzins continuent sur la lancée et te voici très bien entourée pour fêter tes 80 ans.
Avec papa, selon la formule maintes fois répétée, votre mission sur terre était de nous transmettre des valeurs.
Alors revenons sur 4 de ces valeurs :
1ère valeur L'organisation
Mère moderne avant l'heure, nous nous sommes toujours demandés comment notre maman-shiva à deux bras arrivait à faire tout çà. Eh bien tu as un secret. Pour mener de front ta vie d'épouse, élever 5 enfants, préparer le diner de papa, renvoyer les bonnes sœurs de l'école Jeanne d'Arc qui formaient des bonnes, et construire un Lycée technique dernier cri, ce secret c'est… la liste, ce petit bout de papier raturé toujours avec toi, et nous espérons que tu continueras encore à la remplir et la raturer bien longtemps !
2de valeur le Goût de l'aventure
Nous savons tous que ton goût immodéré pour les loopings vient des combats aériens qui ont marqué ton enfance. Eh bien jeune maman tu nous emmenait à la plage par l'itinéraire fantastique du tunnel Jenner. Pas d'éclairage dans le tunnel, 300 morts lors du bombardement du Havre, pour nous un seul objectif, rejoindre la sortie au plus vite et tu y arrivais à chaque fois! A la plage on marchait forcément sur les nombreuses boulettes de goudron rejetées par les pétroliers qui nettoyaient leurs cuves dans la Manche. Mais tout se terminait dans la bonne humeur par une copieuse scéance de nettoyage à l'éther ou au chloroforme prélevé dans le stock du cabinet médical.
3ème valeur une tête bien faite
Un soir alors que papa boursicotait consciencieusement, quand on vous a demandé quel est le meilleur placement, l'or, le pétrole, vous nous avez répondu en chœur : une tête bien faite. Peu après c'était la première crise pétrolière et le message était passé!
4ème valeur Le calme
Bien sûr nous nous souvenons des colères explosives de papa:
Il criait plus fort que le capitaine Hadock, nous distribuait des fessées bien méritées à s'en faire mal aux mains, claquait les portes à en faire trembler toute la maison.
Toi, imperturbable, la tête à peine rentrée dans les épaules, tu attendais patiemment la fin de l'orage. Les chiens aboient, la caravane passe!
En 80 ans, jamais la moindre colère, le volcan doit bouillir en toi, l'éruption sera terrible !
Eh bien maman, nous te remercions de nous avoir donné la vie, de tes attentions, de ton exemple, de souder de notre famille, et toi qui a toujours vécu dans l'instant d'après, imaginant toutes les hypothèses, pensant en permanence à l'étape suivante, nous te souhaitons d'apprécier chaques instants de ce merveilleux week end qui nous rassemble autour de toi et maintenant de vivre le présent.
Merci maman et joyeux anniversaire !
GMD x 80
samedi 1 mai 2010
mercredi 21 avril 2010
Tous les 2 pour Louis
vendredi 2 avril 2010
Bah alors?
echo 31SA+2
jeudi 1 avril 2010
mardi 30 mars 2010
vendredi 19 mars 2010
Un an plus tard...
J'en profite pour poster ici le mail commun que j'ai envoyé à des amis il y a quelques jours :
Je n'ai pas donné de nouvelles à tout le monde donc je vais récapituler ce que j'ai fait depuis février 2009. J'ai passé 4 mois en Nouvelle Zélande, puis : Tonga, Australie, Singapour, Malaisie, Thailande, Laos, Viêt-Nam, Philippines, et enfin Japon où je me trouve encore. Pas mal d'amis sont venus faire un bout de route avec moi, mais j'ai aussi fait plein de rencontres en chemin.
Je ne vais pas vous raconter tout car ça vous ennuierait peut-être, mais juste quelques morceaux choisis.
- En Nouvelle-Zélande, j'ai rencontré un autre vagabond, un ingénieur américain qui voyage partout quand il n'est pas en mission sur des stations polaires (au Groenland et au Pôle Sud). On a fait de la chute libre ensemble, on est devenus bons copains puis on a visité le nord de l'île du Nord avec la belle voiture rouge que je m'étais achetée. Là-bas, sur la plage qui s'appelle Ninety Mile Beach - qui n'est pas tout à fait aussi longue que ça - on a joué à voir à quelle vitesse on pouvait aller pousser mon véhicule sur du sable. On a aussi fait de la luge sur des dunes géantes, été couper du bois avec des gangsters Maori dont l'un avait une jambe de bois, et j'ai uriné sur Te Matua Ngahere "le Père de la Forêt" : un arbre sacré vieux de 2000 ans.
- Au Tonga j'ai fait la connaissance d'un japonais qui habitait là-bas pour enseigner sa langue dans un village pendant 2 ans. Via lui, j'ai été invité chez le chef du village pour boire la Kava avec eux. C'est une sorte d'infusion qui se prépare avec la poudre d'une racine, et se boit froid dans des demi noix de coco. En gros ça a le goût de terre et c'est censé endormir/engourdir, mais après une dizaine de bols on a surtout le ventre très plein. Parmi les choses étonnantes au Tonga, il y a le fait que la prison soit un simple enclos dans lequel les détenus font cultiver des légumes : l'île est si petite que tout le monde se connaît donc un évadé se ferait retrouver en quelques jours tout au plus! J'ai aussi été surpris par la population de cette île au milieu du Pacifique : tout le monde est Chrétien et très pratiquant car le pays avait été converti par des missionnaires. Et bien que ce soit un pays en développement, personne ne se promène en haillons.
- A mon arrivée à Brisbane en Australie, mon sac à dos s'était fait complètement déchiqueter par les services de bagages de Virgin Airlines. Il avait dû être pris dans un mécanisme ou quelque chose, car contenant et contenu ont été réduits en miettes (y compris la popote en alu dont j'avais compté me servir pour faire du camping). Donc j'ai décalé de quelques jours mon plan de parcourir en autostop la côte de Brisbane à Cairns, et j'ai recousu tente et sac de couchage aux nouvelles de la mort de MJ.
En un mois sur la route, j'ai rencontré une variété incroyable de gens parmi les ceux qui se sont arrêtés pour me prendre : un conducteur de semi-remorque qui m'a dit avoir percuté 32 kangourous en une seule nuit, un groupe de chercheurs océanologues qui, depuis leur bateau, sautaient sur des tortues de mer pour les capturer et les baguer, un couple de français champion du monde de surf-acrobatique à deux, des retraités allemands qui fabriquaient leur vin et leur bière chez eux, etc.
- Mon amoureuse Stéphanie est venue passer un mois de ses vacances avec moi en Asie du Sud-Est en août. On a été voir mon frère Denis qui y habite, et on a fait la connaissance de son fils, mon neveu Thomas. On a ensuite traversé le Viêt-Nam du nord au sud, et quand on a voulu faire un tour en bateau sur la baie d'Ha Long, on a loupé le départ donc on nous a mis au hasard sur le suivant qui s'est avéré être une embarcation de super luxe. Du coup on a eu un dîner avec une dizaine de plats différents !
- A nouveau seul après avoir mis Steph dans l'avion à Bangkok, j'ai visité la région Est de la Thailande. C'est tellement vert que ça fait limite mal aux yeux! La nourriture pique beaucoup mais est super bonne et il y a beaucoup moins de passage qu'ailleurs dans le pays. J'ai joué pendant une après-midi aux échecs Thailandais avec des conducteurs de moto-taxi dans une ville perdue au milieu de nulle part. Les règles du jeu sont un peu plus simples que celles de nos échecs à nous et j'ai trouvé ça globalement moins intéressant.
- Au Laos, en route pour visiter une ruine de temple je me suis pris un méchant nid-de-poule à moto et me suis gaufré en me râpant assez vilainement le bras et l'orteil (oui, je sais, faire de la moto en tongs c'est mal...). Du coup, les membres en sang j'ai pris la barque qui faisait la navette pour traverser le Mékong et j'ai rejoint le village le plus proche pour trouver du coton et de l'alcool. Eh bien qu'on se le dise, la bétadine c'est quand même bien plus sympa que l'alcool... Bon, et puis comme je ne voulais quand même pas avoir fait tout ce chemin pour rien, je suis quand même allé la voir, ma ruine. Elle était très bien, au passage.
- Je suis arrivé aux Philippines juste après les inondations, et à l'estuaire à Manille j'ai assisté au spectacle des gens flottant sur des mini-barques ou des planches pour fouiller les débris charriés par le courant.
Avec Matthieu qui était venu passer un moment avec moi depuis la Chine, on a fait plein de plongée, de la rando, et de la moto. J'ai pas mal discuté avec un garçon de mon âge qui tenait une auberge où on est passé, et j'ai été frappé par - d'avance pardon d'enfoncer une porte ouverte - eh bien à part pour les droits, les hommes ne naissent pas libres et égaux. Le type était malin, curieux, il avait appris des bouts de plein de langues par le passage des touristes, et il voulait voyager. Non seulement s'en donner les moyens est très difficile dans sa situation, mais en plus il n'a aucun accès à l'information : qu'est-ce que c'est un visa? Comment j'obtiens un passeport? Pourquoi donne-t-on plus de droits d'entrée à certaines nationalités qu'aux Philippins? Etc.
- Au Japon, après un voyage à travers le Kansai avec PE et Soon, j'ai vécu à Tokyo pendant 4 mois. Steph est arrivée en décembre après avoir quitté son travail. J'ai fait quelques petits boulots : j'ai donné des cours, fait un site web, et surtout je suis devenu une superstar. Enfin... je me suis inscrit dans des agences de mannequin par lesquelles j'ai pu faire de la figuration dans des dramas (séries télé), des pubs et aussi un téléfilm. En tout j'ai eu une dizaine de jobs de ce genre mais je ne vais détailler que le drama dans lequel un monstre assourdissant semait la terreur dans les différentes villes du globe. Je devais au départ jouer un français à la terrasse d'un café parisien, mais le réalisateur a décidé qu'il avait aussi besoin de quelqu'un de plus pour la scène en Egypte (un écran vert sur la plage à Yokoyama). Du coup on m'a donné une robe blanche et deux femmes voilées, et j'ai pu être à nouveau terrorrifié par le vilain monstre.
On a quitté Tokyo début mars pour se diriger vers Kyushu, et avec ça les aventures reprennent. Par exemple, il y a deux jours j'ai engagé la conversation avec la personne qui avalait son bol de ramen à côté de nous. C'était un joueur de Taiko professionnel (gros tambour japonais) qui avait été en tournée partout dans le monde étant plus jeune, puis monté un orchestre percussionniste dans la petite ville que nous visitions. Il nous a invités à assister à la répétition qui avait lieu le soir même, et est venu nous chercher en décapotable en nous offrant une bouteille de bourgogne et une baguette de pain pour notre dîner. La formation compte une dizaine de musiciens qui jouent sur des tambours mesurant jusqu'à plus d'un mètre de diamètre. Notre hôte nous a présenté comme ses invités d'honneur, placés sur deux chaises à quelques mètres de l'orchestre, et on a vibré pendant 3h sous le tonnerre des tambours. Les musiciens prennent des poses très théâtrales en jouant, ce qui contribue autant au spectacle que que la musique elle-même. Ca a l'air incroyablement pénible, et ça met les mains des joueurs dans un état épouvantable. L'une des Taikoistes c'est ouvert la main en jouant mais elle ne s'est pas arrêtée avant la fin de la répétition. Son bâton était couvert de sang mais cela n'a surpris absolument personne.
Voilà! Depuis notre départ de Tokyo il y a 2 semaines, on est repassé par pas mal d'endroits de l'ouest japonais que je connaissais bien car pas mal d'amis étaient de passage et ils ne voulaient pas louper les "spots" touristiques (ma soeur Ilfynn, Romain, Karine, Marion et Brice). Là je vous écris d'Hiroshima qui est le dernier endroit sur notre route que j'avais déjà visité. La langue évolue au fur et à mesure qu'on avance et les pépés sont de moins en moins faciles à comprendre mais je continue tout de même à progresser un peu chaque jour. Je fais toujours de la photo, et je trimbale maintenant une guitare dont j'apprends à jouer. J'ai les cheveux très longs car je ne les ai pas coupés depuis mon départ, mais je vais peut-être les laisser avec la venue des beaux jours car la guitare me donne déjà suffisamment l'air d'un hippie.
************
Et j'ai reçu quelques questions en plusieurs exemplaires donc j'y réponds à tout le monde :
Q : C'est quoi la suite de votre programme?
R : Là on est à Fukuoka et on passera environ un mois sur Kyushu, en allant sans doute aussi voir Okinawa. Ensuite on ira peut-être en Corée, au nord du japon et à Taiwan. On se donne en gros d'arriver en Australie en août. Quand j'y étais passé je n'avais visité que la côte est donc je suis curieux de voir le reste, et puis avec Stéphanie on a bien envie d'habiter plusieurs mois dans une grosse ville là-bas et y travailler.
Q : Et quand est-ce que tu rentres?
R : On ne s'interdit pas de venir en France pour une pause de quelques semaines comme je l'avais fait en juillet dernier, mais on n'a pas encore de retour définitif en tête. On a encore suffisamment pour tenir un bon moment, et puis on rackette des vielles dames pour arrondir les fins de mois.
Q : Tu mets des photos quelque part?
R : Oui! Toujours sur http://tistou.fr .
A bientôt!
baptiste
Je n'ai pas donné de nouvelles à tout le monde donc je vais récapituler ce que j'ai fait depuis février 2009. J'ai passé 4 mois en Nouvelle Zélande, puis : Tonga, Australie, Singapour, Malaisie, Thailande, Laos, Viêt-Nam, Philippines, et enfin Japon où je me trouve encore. Pas mal d'amis sont venus faire un bout de route avec moi, mais j'ai aussi fait plein de rencontres en chemin.
Je ne vais pas vous raconter tout car ça vous ennuierait peut-être, mais juste quelques morceaux choisis.
- En Nouvelle-Zélande, j'ai rencontré un autre vagabond, un ingénieur américain qui voyage partout quand il n'est pas en mission sur des stations polaires (au Groenland et au Pôle Sud). On a fait de la chute libre ensemble, on est devenus bons copains puis on a visité le nord de l'île du Nord avec la belle voiture rouge que je m'étais achetée. Là-bas, sur la plage qui s'appelle Ninety Mile Beach - qui n'est pas tout à fait aussi longue que ça - on a joué à voir à quelle vitesse on pouvait aller pousser mon véhicule sur du sable. On a aussi fait de la luge sur des dunes géantes, été couper du bois avec des gangsters Maori dont l'un avait une jambe de bois, et j'ai uriné sur Te Matua Ngahere "le Père de la Forêt" : un arbre sacré vieux de 2000 ans.
- Au Tonga j'ai fait la connaissance d'un japonais qui habitait là-bas pour enseigner sa langue dans un village pendant 2 ans. Via lui, j'ai été invité chez le chef du village pour boire la Kava avec eux. C'est une sorte d'infusion qui se prépare avec la poudre d'une racine, et se boit froid dans des demi noix de coco. En gros ça a le goût de terre et c'est censé endormir/engourdir, mais après une dizaine de bols on a surtout le ventre très plein. Parmi les choses étonnantes au Tonga, il y a le fait que la prison soit un simple enclos dans lequel les détenus font cultiver des légumes : l'île est si petite que tout le monde se connaît donc un évadé se ferait retrouver en quelques jours tout au plus! J'ai aussi été surpris par la population de cette île au milieu du Pacifique : tout le monde est Chrétien et très pratiquant car le pays avait été converti par des missionnaires. Et bien que ce soit un pays en développement, personne ne se promène en haillons.
- A mon arrivée à Brisbane en Australie, mon sac à dos s'était fait complètement déchiqueter par les services de bagages de Virgin Airlines. Il avait dû être pris dans un mécanisme ou quelque chose, car contenant et contenu ont été réduits en miettes (y compris la popote en alu dont j'avais compté me servir pour faire du camping). Donc j'ai décalé de quelques jours mon plan de parcourir en autostop la côte de Brisbane à Cairns, et j'ai recousu tente et sac de couchage aux nouvelles de la mort de MJ.
En un mois sur la route, j'ai rencontré une variété incroyable de gens parmi les ceux qui se sont arrêtés pour me prendre : un conducteur de semi-remorque qui m'a dit avoir percuté 32 kangourous en une seule nuit, un groupe de chercheurs océanologues qui, depuis leur bateau, sautaient sur des tortues de mer pour les capturer et les baguer, un couple de français champion du monde de surf-acrobatique à deux, des retraités allemands qui fabriquaient leur vin et leur bière chez eux, etc.
- Mon amoureuse Stéphanie est venue passer un mois de ses vacances avec moi en Asie du Sud-Est en août. On a été voir mon frère Denis qui y habite, et on a fait la connaissance de son fils, mon neveu Thomas. On a ensuite traversé le Viêt-Nam du nord au sud, et quand on a voulu faire un tour en bateau sur la baie d'Ha Long, on a loupé le départ donc on nous a mis au hasard sur le suivant qui s'est avéré être une embarcation de super luxe. Du coup on a eu un dîner avec une dizaine de plats différents !
- A nouveau seul après avoir mis Steph dans l'avion à Bangkok, j'ai visité la région Est de la Thailande. C'est tellement vert que ça fait limite mal aux yeux! La nourriture pique beaucoup mais est super bonne et il y a beaucoup moins de passage qu'ailleurs dans le pays. J'ai joué pendant une après-midi aux échecs Thailandais avec des conducteurs de moto-taxi dans une ville perdue au milieu de nulle part. Les règles du jeu sont un peu plus simples que celles de nos échecs à nous et j'ai trouvé ça globalement moins intéressant.
- Au Laos, en route pour visiter une ruine de temple je me suis pris un méchant nid-de-poule à moto et me suis gaufré en me râpant assez vilainement le bras et l'orteil (oui, je sais, faire de la moto en tongs c'est mal...). Du coup, les membres en sang j'ai pris la barque qui faisait la navette pour traverser le Mékong et j'ai rejoint le village le plus proche pour trouver du coton et de l'alcool. Eh bien qu'on se le dise, la bétadine c'est quand même bien plus sympa que l'alcool... Bon, et puis comme je ne voulais quand même pas avoir fait tout ce chemin pour rien, je suis quand même allé la voir, ma ruine. Elle était très bien, au passage.
- Je suis arrivé aux Philippines juste après les inondations, et à l'estuaire à Manille j'ai assisté au spectacle des gens flottant sur des mini-barques ou des planches pour fouiller les débris charriés par le courant.
Avec Matthieu qui était venu passer un moment avec moi depuis la Chine, on a fait plein de plongée, de la rando, et de la moto. J'ai pas mal discuté avec un garçon de mon âge qui tenait une auberge où on est passé, et j'ai été frappé par - d'avance pardon d'enfoncer une porte ouverte - eh bien à part pour les droits, les hommes ne naissent pas libres et égaux. Le type était malin, curieux, il avait appris des bouts de plein de langues par le passage des touristes, et il voulait voyager. Non seulement s'en donner les moyens est très difficile dans sa situation, mais en plus il n'a aucun accès à l'information : qu'est-ce que c'est un visa? Comment j'obtiens un passeport? Pourquoi donne-t-on plus de droits d'entrée à certaines nationalités qu'aux Philippins? Etc.
- Au Japon, après un voyage à travers le Kansai avec PE et Soon, j'ai vécu à Tokyo pendant 4 mois. Steph est arrivée en décembre après avoir quitté son travail. J'ai fait quelques petits boulots : j'ai donné des cours, fait un site web, et surtout je suis devenu une superstar. Enfin... je me suis inscrit dans des agences de mannequin par lesquelles j'ai pu faire de la figuration dans des dramas (séries télé), des pubs et aussi un téléfilm. En tout j'ai eu une dizaine de jobs de ce genre mais je ne vais détailler que le drama dans lequel un monstre assourdissant semait la terreur dans les différentes villes du globe. Je devais au départ jouer un français à la terrasse d'un café parisien, mais le réalisateur a décidé qu'il avait aussi besoin de quelqu'un de plus pour la scène en Egypte (un écran vert sur la plage à Yokoyama). Du coup on m'a donné une robe blanche et deux femmes voilées, et j'ai pu être à nouveau terrorrifié par le vilain monstre.
On a quitté Tokyo début mars pour se diriger vers Kyushu, et avec ça les aventures reprennent. Par exemple, il y a deux jours j'ai engagé la conversation avec la personne qui avalait son bol de ramen à côté de nous. C'était un joueur de Taiko professionnel (gros tambour japonais) qui avait été en tournée partout dans le monde étant plus jeune, puis monté un orchestre percussionniste dans la petite ville que nous visitions. Il nous a invités à assister à la répétition qui avait lieu le soir même, et est venu nous chercher en décapotable en nous offrant une bouteille de bourgogne et une baguette de pain pour notre dîner. La formation compte une dizaine de musiciens qui jouent sur des tambours mesurant jusqu'à plus d'un mètre de diamètre. Notre hôte nous a présenté comme ses invités d'honneur, placés sur deux chaises à quelques mètres de l'orchestre, et on a vibré pendant 3h sous le tonnerre des tambours. Les musiciens prennent des poses très théâtrales en jouant, ce qui contribue autant au spectacle que que la musique elle-même. Ca a l'air incroyablement pénible, et ça met les mains des joueurs dans un état épouvantable. L'une des Taikoistes c'est ouvert la main en jouant mais elle ne s'est pas arrêtée avant la fin de la répétition. Son bâton était couvert de sang mais cela n'a surpris absolument personne.
Voilà! Depuis notre départ de Tokyo il y a 2 semaines, on est repassé par pas mal d'endroits de l'ouest japonais que je connaissais bien car pas mal d'amis étaient de passage et ils ne voulaient pas louper les "spots" touristiques (ma soeur Ilfynn, Romain, Karine, Marion et Brice). Là je vous écris d'Hiroshima qui est le dernier endroit sur notre route que j'avais déjà visité. La langue évolue au fur et à mesure qu'on avance et les pépés sont de moins en moins faciles à comprendre mais je continue tout de même à progresser un peu chaque jour. Je fais toujours de la photo, et je trimbale maintenant une guitare dont j'apprends à jouer. J'ai les cheveux très longs car je ne les ai pas coupés depuis mon départ, mais je vais peut-être les laisser avec la venue des beaux jours car la guitare me donne déjà suffisamment l'air d'un hippie.
************
Et j'ai reçu quelques questions en plusieurs exemplaires donc j'y réponds à tout le monde :
Q : C'est quoi la suite de votre programme?
R : Là on est à Fukuoka et on passera environ un mois sur Kyushu, en allant sans doute aussi voir Okinawa. Ensuite on ira peut-être en Corée, au nord du japon et à Taiwan. On se donne en gros d'arriver en Australie en août. Quand j'y étais passé je n'avais visité que la côte est donc je suis curieux de voir le reste, et puis avec Stéphanie on a bien envie d'habiter plusieurs mois dans une grosse ville là-bas et y travailler.
Q : Et quand est-ce que tu rentres?
R : On ne s'interdit pas de venir en France pour une pause de quelques semaines comme je l'avais fait en juillet dernier, mais on n'a pas encore de retour définitif en tête. On a encore suffisamment pour tenir un bon moment, et puis on rackette des vielles dames pour arrondir les fins de mois.
Q : Tu mets des photos quelque part?
R : Oui! Toujours sur http://tistou.fr .
A bientôt!
baptiste
jeudi 11 mars 2010
lundi 1 mars 2010
Inscription à :
Articles (Atom)








